poème anorexie 3

[align=justify]Je me souviens...


Je me souviens d'un temps que l'on nomme l'enfance
Temps béni temps bercé de tendre insouciance
Je me souviens trop mal de ce temps regretté
Comme si je n'avais pas eu conscience d'exister
Je me souviens l'école et le conservatoire
Travailler sa musique et faire ses devoirs
Je me souviens encore je rêvais d'émailler
De fautes d'orthographe mes parfaites dictées
Je me souviens des jeux à la récréation
Chat perché élastique en tous sens nous courions
Je me souviens aussi des vacances en famille
Rieuse toujours contente joyeuse petite fille
Tendre et flou souvenir d'une enfance bienheureuse
Réminiscences trop vagues d'une époque délicieuse

Je me souviens j'aimais tellement mes parents
Jamais de graves conflits de désaccords flagrants
Je me souviens j'ai eu l'adolescence tranquille
Pas vraiment de problèmes la vie semblait facile
Je me souviens j'étais amoureuse à mourir
D'un garçon qui jamais dans mes yeux ne sut lire
Je me souviens qu'alors je savais encore rire
De rien ou bien de tout du meilleur comme du pire
Je me souviens l'angoisse la peur des examens
Il me fallait briller réussir avoir vingt
Je me souviens des larmes versées ce jour-là
Pour une mention ratée au baccalauréat
Je me souviens d'un jour de sinistre mémoire
Qu'un mince filet de sang tacha de désespoir

Je me souviens j'aimais j'aime toujours voyager
Difficile de partir tout autant de rentrer
Je me souviens du jour où mon grand-père partit
Je ne l'ai pas revu je ne lui ai pas dit
Que je me souvenais que je me souviendrais
Qu'il serait dans mon c½ur et ma vie à jamais
Je ne me souviens plus comment j'ai commencé
Ni comment ce régime a tout fait basculer
Je ne me souviens plus ni pourquoi ni comment
Je me suis enfermée dans cet enfer charmant
Je me souviens peut-être une ou deux restrictions
Et puis c'est l'engrenage – faire sans cesse attention
Je me souviens très bien fierté de la victoire
Douce ivresse du jeûne toute-puissance illusoire

Je me souviens très bien mon seul désir alors
Était de maîtriser ce détestable corps
Je me souviens trop bien la haine d'être soi
La violente répulsion qui submerge parfois
Je me souviens avoir eu envie de mourir
La vie était trop triste dénuée de tout plaisir
Je me souviens très bien la menace fatale
L'épée de Damoclès – les trois mois d'hôpital
Je me souviens j'ai dû regagner ces kilos
À contrecoeur remettre de la peau sur mes os
Je me souviens j'étais fière d'être anorexique
Paradoxal orgueil d'une tragédie magique
Je me souviens j'étais - je suis toujours d'ailleurs
Jalouse de ces filles si légères qu'elles font peur

Je me souviens la peur d'être inintéressante
L'angoisse d'être normale d'être trop transparente
Je me souviens mortelle obsession du paraître
Pourtant j'en suis consciente l'apparence n'est pas l'être
Je me souviens c'était rassurant presque doux
De sentir les regards s'apitoyer sur vous
Je me souviens la triste éternelle solitude
On prétend qu'on préfère que l'on a l'habitude
Je me souviens mes rêves d'absolue perfection
Croire en l'inaccessible suprême déraison
Je me souviens il est si dur de renoncer
Au cocon dans lequel on s'était réfugiée
Je me souviens il est difficile de guérir
Accepter d'être adulte construire son avenir

Je me souviens c'est une lutte de chaque instant
Pour se dire jamais plus je ne serai enfant
Je me souviens aussi que j'ai droit au bonheur
Et que peut-être un jour j'écouterai mon c½ur
Je me souviens j'ai eu vraiment beaucoup de chance
De croiser des personnes en qui j'ai toute confiance
Je me souviens elles m'ont encouragée souri
Elles ont su me montrer le chemin de la Vie
Je me souviens elles m'ont réappris à aimer
Rendu mes espérances et le goût de rêver
Je me souviens il faut apprendre à se connaître
Pour pouvoir de ses cendres un jour enfin renaître
Je me souviens il faut que jamais je n'oublie
Il est parfois si simple d'apprécier la Vie
Je me souviens aussi parfois un rien suffit
Pour que la Vie soit belle et qu'elle vous sourie
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 16:02

poème anorexie 4

Prison dorée


Sur les murs froids de ta prison
Anorexie j'écris ton nom

Quatre syllabes accusatrices
Triste symbole d'un sacrifice
Auquel elle livre sa jeunesse
Huit petites lettres destructrices
Synonymes d'un doux supplice
Qui la dévore qui la blesse

Un A pour commencer – un A comme Absolu
Talonné par un N qui lui hurle sa haine
De soi, de ce corps nu
Qu'elle ne nourrit plus
Que de l'O et de l'R
– Une gorgée la désaltère
Et jamais trop dure n'est la peine –

Et encore c'est à peine si elle respire encore
Est-elle maigre est-elle blême
Chuchote-t-on derrière elle
Mon Dieu quelle misère elle transpire la Mort
Fanatique de l'extrême
La douleur l'ensorcelle
Elle se retourne et cherche d'un regard absent
L'objet de leurs angoisses et de leurs réflexions
De qui peut-on parler, pour qui s'affole-t-on
Mais non rien – elle ne parle ne voit ni n'entend
Sourde le plus souvent
Aveuglée par l'ivresse de la maladie
Inconsciente de ses charmes elle traverse la vie
L'ignore superbement

Ses yeux tristes et vides lui mangent le visage –
Ses yeux seule partie de ce corps miséreux
Qu'elle autorise encore à se remplir un peu
Qu'est-elle donc devenue, drôle d'oiseau de passage
Qui ne sait plus chanter – à peine s'il picore
Quelques miettes de vie
Parfois, sans appétit –
Elle a toujours été une petite fille bien sage
Et aujourd'hui bien sage elle accepte la Mort
Puisque la Mort l'appelle – elle renonce à la Vie
À quoi bon rester là une fois qu'on a grandi
L'horizon plus jamais pour elle ne sera bleu

Grand ouverts sur le monde
Ses yeux sont aveuglés
Qui sont toutes ces fourmis qui s'agitent autour d'elle
Où vont-ils
Que font-ils
À quoi rime cette ronde
Effrénée insensée
Elle ne veut plus courir la vie ne veut plus d'elle
Alors elle a dit oui elle préfère partir
Puisque si elle restait elle devrait vieillir

Ce manège l'épuise mais elle tiendra bon
– Douce ivresse du jeûne délicieux abandon –
Elle abrite en son sein un sinistre démon
Dont elle se refuse à admettre le nom
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:59

poème anorexie 5

Tu as souillé mon corps de tes mains,
Je l'ai purifié en ne mangeant rien,
À chaque jour un lendemain,
C'est maintenant la fin de la faim,

Pourquoi maintenant je m'en balance,
C'est cet instrument qui gère mon existence,
Aiguille vers la gauche quel véhémence,
Aiguille vers la droite quel décadence,

C'est une aiguille qui décide de mon humeur,
Vers la gauche joie, exaltation et bonheur,
Vers la droite déception, mal et malheur,
Toujours à l'affût, heure après heure,

Pourquoi na pas tout balancer,
Pourquoi la laisser décider,
Pourquoi toujours angoissé,
À chaque minute à chaque pesé...

Mon désir au plus profond enfouit,
Guérir de cette criss d'anorexie,
Pour qu'à jamais soit réunit,
Mon bonheur, et ma vie,

Vivre, sans exister
Survivre, sans y penser
Vivre, sans aimer
Survivre, sans être désiré

Je veux vivre sans survivre!!!

Il y en a à qui ça parle?

Devil la mélancolique
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:56

poème anorexie 6

poème anorexie 6
Elle ne voulait plus manger
Elle avait cesser de se mutiler
Pour recommencer à se détruire
Comment peut on a se point se haïr ?
Elle est tellement grosse, si grasse
Elle en avait marre de cette graisse
Au début tout allait pour le mieux,
On lui trouvait même un air plus heureux
Elle parlait davoir beaucoup mangé à midi
Chez son amie Valérie
Le matin elle navait pas faim
Mais elle disait manger sur le chemin un bout de pain.
Elle nous rassurait en parlant de lanorexie
Comme dune effroyable maladie
Elle disait quelle était dégoûtée
Par toute ses mannequins décharnés.
Tout les matins elle voyait son poids descendre
Alors pourquoi avait elle cette impression den prendre ?
Elle était toujours aussi grosse et grasse
Toujours cette même graisse
Vous avez fini pars enfin le voir
Mais désormais il est trop tard
Ca fait trop longtemps quelle compte les calories
Ca fait déjà longtemps quelle est dans lanorexie
Rien que de manger une petite salade
Ca la rends effroyablement malade :
-Combien yavait-il de calories ?
Entre la sauce, la salade, les radis ?
Vous la regardez horrifier
Dans sa tête tout calculer.
Dès que le chiffre dépasse quatre cents
Son visage devient tout blanc
La peur se lit dans ses yeux
Cest fini les jours heureux
Parfois, elle se rebelle, contre la petite voie
Qui lui murmure sans cesse ne mange pas
Alors après, sen voulant, elle cours vomir
Afin que toute cette nourriture lempêche de grossir
Au fond manger est une torture, la nourriture lui fait peur
Et lidée de prendre du poids lui fait horreur !
Au début vous laidez, la forcer à manger,
Mais elle vous a toujours envoyé balader.
Dès que vous parlez de nourriture elle se met à hurler.
Désormais elle se retrouve toute seule elle na plus damis
Mais ce nest pas grave : Elle maigrit
Cela fait longtemps que la nuit elle pleure
Narrivant pas à dormir à cause des douleurs.
Son ventre lui fait mal, elle a des crampes destomac
Elle rêve de pouvoir manger, de faire taire cette voie
Qui lempêche de manger, lui murmurant
Que rester maigre est le plus important
Alors un beau jour elle fini par sévanouir.
Elle se retrouve avec un tuyau dans le nez pour la nourrire.
Elle reconnaît enfin avoir un petit souci de nourriture
Mais ça néradique pas le mal qui la torture
Car la voie continue à lui parler
Désormais elle essaye de la contrer
Mais elle a prit possession de son esprit
Il ne suffit pas de dire jen ai marre jarrête, ça suffit.
La voie fait partit de nous, nous murmure quoi faire.
Il faut apprendre à la faire taire pour sortir de cet enfer
Voilà ce quest lenfer de lanorexie, si vous êtes choqués
Cessez de sans cesse les juger, de les regarder avec curiosité.
Ne dîtes pas, cest elle qui a décidé de commencer
Au fond elle la bien cherché, elle récolte ce quelle a semé
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:56

poème anorexie 7

Ok, cette fois-ci je mange peu!
Le controle sur la nourriture!
La, c'est sur, ça va aller mieux!
J'ai juste qu'à imaginer que c'est de la pourriture

Une petite bouchée
Je compte avant d'avaler
C'est rien, tout va bien
Ces petites calories c'est rien

Deuxième bouchée
Que c'est bon quand même
Aussi bon qu'un fouet à la crème
Non, je dois pas y penser!

Une autre bouchée
Merde je pleure quasiment
Encore une bouchée
Que c'est aussi bon qu'un fondant!

Encore une bouchée, encore
Mon corps en veut, j'en ai besoin!
Ce plat est si fort si fort
Non, va-t-en, recule! va loin

Je peux pas, je suis liée à la nourriture
Non, dégage! c'est de la détriture!
Merde j'y arrive pas, je me controle pas!
J'y arrive pas! j'y arrive pas!

Vite la toilette, faut vomir
Un doigt bien rentré
Oh non, pourquoi ça veut pas sortir
Allez, encore plus rentré, rentré

Ca sort pas!
J'étouffe, je dois arrêter
Merde, je commence céjà à pleurer
Pourquoi moi! pourquoi moi!

J'suis trop faible, j'vais jamais y arriver...
J'ai devenir folle!
Non! arretes! Penses controle controle
Pff... de quoi je parle, ah merde, je suis tannée...

J'vais me coucher
Rêver à ce beau corps mince
À ces jambes encore plus minces
Oui, rêver, rêver, rêver...
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# Posté le mercredi 24 juin 2009 15:54